Que voulons-nous ?

Réforme ou changement de système ?

Lorsque l'on admet que nos systèmes de gouvernance sont faussement nommés "démocratie" (puisque le peuple n'y a aucun pouvoir), se pose la question de savoir si la démocratie représentative est réformable ou s’il faut la remplacer par autre chose.

Changer les règles du jeux
Dans «Contre les élections», David Van Reybrouck démontre d’abord que l’élection mène à l’impuissance du peuple à travers un outil de gouvernance vertical primitif qui explique le syndrome de «fatigue démocratique» imputé à la «démocratie» représentative. Selon l’auteur, ces dernières années, d’innombrables propositions ont été faites pour renforcer la démocratie représentative : Transparence du financement des partis politiques, rendre publiques les revenus et patrimoines des élus, limiter le cumul des mandats, améliorer la parité hommes/femmes, réaliser de nouveaux découpages électoraux, etc. Si toutes ces propositions semblent sensées, elle ne parviennent pas à résoudre le problème car pour Van Reybrouck, la fatigue démocratique n’est pas provoquée par la "démocratie" représentative en tant que telle mais par sa caractéristique «élective».
Cela a été rendu possible grâce à l’association systématique des mots «démocratie» égal «élections», qui martelés dés l’enfance deviennent synonymes. Nous avons tous été conditionnés pour devenir des fondamentalistes des élections ; nous méprisons les élus mais nous vénérons les élections...

Si l'auteur plaide prudemment et provisoirement en faveur d’un système bi-représentatif mêlant tirage au sort et élections, pour le philosophe politique Takis Fotopoulos, la «démocratie» représentative n’est pas réformable.


 

 

 

 

 

 

Changer de jeux

Fotopoulos s’en explique dans son ouvrage «Vers la démocratie générale» en démontrant d’abord la puissance du processus économique et politique mis en place il y a deux siècles, fondé sur une économie de marché internationale associée à une «démocratie» représentative.

La concentration du pouvoir économique, politique et social ainsi obtenue est aux mains d’une élite qui domine l’économie de croissance avec pour seule devise «croître ou mourir».
Le contrôle du système économique par le marché, signifie tout bonnement que la société est gérée en tant qu’auxiliaire du marché
.
Fotopoulos insiste sur les conséquences fatales de ce système tant sur les individus que sur leur environnement. Les luttes aujourd’hui entreprises contre les effets pervers de ce système sont totalement inefficaces ; que la réponse soit l’adoption de nouveaux styles de vie ou le militantisme écologique ou social. Ces mouvements  ne cherchent pas  à changer de système mais à résister à la mondialisation dans le vain espoir d’imposer des contrôles sociaux efficaces sur l’économie de marché internationalisée afin de protéger l’environnement, les acquis sociaux ou le travail, alors qu’en réalité:

la crise vient de la nature même des institutions et pas de leur mauvais fonctionnement.

L’auteur préconise
la démocratie générale, l’exercice direct de la souveraineté par les citoyens eux-mêmes et ceci à tous les niveaux. L’unité fondamentale de prise de décision dans une démocratie générale est l’assemblée démotique, c’est à dire, le corps des citoyens d’une zone géographique donnée (locale, régionale ou confédérale) ; elle signe l’abolition du pouvoir économique. Le point culminant  de l’action militante  consiste à participer aux élections, dans le but de faire connaître massivement un programme de démocratie générale et commencer immédiatement à le mettre en oeuvre par «en bas» contrairement aux méthodes étatistes qui exercent leur pouvoir par «en haut». Ce système vise à l’élimination effective de la domination de l’être humain sur l’être humain ainsi que de la domination de l’être humain sur la nature.

Que la partie commence !

En dehors de mesurettes, aucune réforme ne viendra jamais toucher aux intérêts de ceux qui décident des réformes, écrivent et votent les lois, un jeu où seuls les tricheurs gagnent. L’échec des multiples tentatives visant à changer les «règles du jeu» nous amène tout naturellement vers l’idée que l’on pourrait peut-être jouer à un autre jeu.
Ce jeu s’appelle la Démocratie réelle. Il consiste à infiltrer chaque brèche de la gouvernance représentative pour faire connaître la vraie démocratie tout en appliquant l’exercice direct de la souveraineté par les citoyens.
L’écriture des règles de ce nouveau jeu viendra tout naturellement lorsque l’impérieuse nécessité de réécrire la constitution deviendra une évidence pour nous tous.

Pour jouer avec nous, 
c’est ici

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