Qui gouverne

La voie des urnes

Nombre d'entre nous s'imaginent qu'être en démocratie signifie avoir la liberté d'expression et le droit de choisir ses représentants par la voie des urnes ; que ce mode de gouvernance est la seule alternative à la dictature.
Que signifie la voie des urnes ? C’est un grand moment de «démocratie», où dans la pénombre d’un isoloir, à l’issue d’un mois de tapage médiatique, le citoyen est autorisé  à choisir un des noms figurants sur une liste puis de se taire pendant toute la durée du mandat de celui qui a été choisi.

Les candidats
Cette illusion démocratique consite à choisir le "meilleurs" parmi les candidat présélectionnés par leurs partis politiques respectifs. Mais les
meilleur en quoi ? Certainement pas pour une bonne et saine gestion de nos intérêts...

Ce qui les distingue avant tout c'est leur milieu social aisé, leur parcours élitiste, leur uniforme de travail (costume-cravate) et surtout l'art du mensonge et de la manipulation ("beau parler" à défaut de "parler vrai") souvent servi par d'authentiques talents de comédiens (ce n'est pas pour rien que certains acteurs américains parviennent au sommet de l'appareil politique).

Les partis politique
Personne mieux que Simone Weil n'a démistifié les partis politique dans "Note sur la suppression générale des partis politiques" (1940.pdf 3/12):
Pour apprécier les partis politiques selon le critère de la vérité, de la justice, du bien public, il convient de commencer par en discerner les caractères essentiels.
On peut en énumérer trois :
Un parti politique est une machine à fabriquer de la passion collective.
Un parti politique est une organisation construite de manière à exercer une pression collective sur la pensée de chacun des êtres humains qui en sont membres.
L'unique fin de tout parti politique est sa propre croissance, et cela sans aucune limite.
Par ce triple caractère, tout parti est totalitaire en germe et en aspiration. Ces trois caractères sont des vérités de fait évidentes à quiconque s'est approché de la vie des partis.

Une démocratie en lambeaux
Nos élus sont-ils légitimes ?
Observons d'abord la moyenne de participation des français aux élections qui se sont déroulées entre 2009 et 2012 :

Avec 15% de non inscrits sur les listes électorales, 48% d'abstentionnistes et 2% de votes blanc, l’ensemble des suffrages exprimés s’élève à 35% de la population en âge de vôter.

Ainsi, seuls 9% des français se sont exprimé en faveur des candidats élus. Ce qui revient à dire que 91% des français n’on pas voté pour le gouvernement qui les dirige.

Nos élus sont-ils proches de la population ?
Penchons nous à présent sur le profil social de nos élus, qui devraient être logiquement représentatifs du peuple :
36,4% de la population française a plus de 50 ans alors que cette tranche d'âge de population atteint 68% chez nos députés.
Alors que notre société est composée de 16,7% de cadres (2012), ces derniers représentent 81,5% de nos députés.
Les ouvriers qui eux représentent 21,3% de la population française ne constituent que 0,2% de nos députés, sans parler de la parité entre les femmes et les hommes...
Cela signifie-t-ils que les députés ne sont pas représentatifs de la populations ? Le mot est faible, il serait plus juste de parler d'un gouvernement de chats au pays des souris...

Que reste-t-il de la souveraineté du peuple ?
Si l'article 2 de notre constitution clame la "gouvernance du peuple, par le peuple et pour le peuple", le fait que les citoyens ne gouvernent que par l’intermédiaire de leurs élus (article 3), fait que nous vivons dans une «démocratie» indirecte (le peuple n'est plus souverain) ; mais alors que dire du sénat et des communautés de communes par exemple?
Savez-vous qui élit les sénateurs ?
Des députés, des conseillers régionaux, des conseillers généraux, et des délégués des conseils municipaux. Tout ce beau monde se fait appeler les "Grands électeurs". Pas vous ni moi...

Savez-vous qui élit les Présidents de Communautés de communes ?
C’est le conseil communautaire qui est lui même composé de délégués élus par les conseils municipaux des communes concernées ;
Pas vous ni moi...
Ce n'est donc pas de la démocratie directe, ni de la "démocratie" indirecte mais de la "démocratie" indi-indirecte...

Qu'en est-il des outils de la "démocratie de proximité" ?
Voici les quelques initiatives accordées par le législateur en matière de démocratie de proximité ?
- Promulgués le 27 février 2002, les enquêtes publiques, les concertations préalables, les conseils de quartiers n’ont qu’une valeur de consultation.

Décrétés le 28 mars 2003 :
- Le référendum local décisionnel ne peut être instruit qu’à l’initiative des élus et non des citoyens.
- Le droit de pétition des citoyens permet de demander qu’une question soit inscrite à l’ordre du jour d’une assemblée locale,
demander mais pas obtenir...
- La possibilité donnée au citoyen d’organiser des consultations locales lorsque la loi l’y autorise : Ces consultations ont valeur de simple avis...
En fait, tout est verrouillé, y compris le pouvoir des élus qui sont soumis à la volonté de leurs partis et de leurs financeurs. Pour vous en assurer, écoutez les révélations d'Yvan Blot * , haut-fonctionnaire d'Etat 
(les 12 premières minutes)

Alors que faire?

* Attention : Lorsque nous citons une personnalité, nous partageons uniquement l'information donnée sans pour autant adhérer à ses opinions ou appartenances.

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